Chapitre 06
Point de vue de Wan ke
« C’est qui lui ? » je demande, en regardant la personne au milieu du chemin avec l'arc.
« Cheng Li, » répond Hen yu.
On est là, plantés dans la foule des élèves, à mater tout le monde jouer. Presque tout le monde a fini son tour, et y'en a quelques-uns qui attendent. Pour l'instant, la flèche la plus loin, c'est celle de Cheng Li. Il refile l'arc au joueur suivant et il se pointe vers la foule, avec une fierté sur son visage qui montre que ce qu'il a fait y'a quelques minutes, c'était rien pour lui.
« HenYu, » crie Master Ling, et ça le stoppe net. Ses mains se figent, prêtes à applaudir.
« Bonne chance, » je l'encourage, alors qu'il fait un pas en avant, comme pour montrer à tout le monde que c'est lui qu'on a appelé. Il se dirige tranquillement vers le centre, prend l'arc des mains du Maître, et se met en position. Je sens qu'il est stressé, alors je crie son nom à plein poumon, pour que tout le monde l'applaudisse et que ça mette de l'ambiance. Mais l'ambiance tombe d'un coup quand la flèche ne va pas très loin.
J'aurais pas dû crier, si j'avais su qu'il allait faire ce résultat. Il est gêné de pas avoir assuré, et moi aussi, je suis gêné.
J'essaie d'oublier ça, je me frotte les mains, et un sourire se dessine sur mes lèvres quand on appelle mon nom.
« Bonne chance, buddy, » m'encourage HenYu quand je passe devant lui.
Je regarde le sol, où les flèches sont plantées un peu partout. Ça me donne confiance. Les flèches des autres, elles sont pas très loin. La seule qui est vraiment loin, pour l'instant, c'est celle de Cheng Li, et celle d'après, c'est SongYing, je crois, je me souviens avoir entendu les potins sur sa famille quand il a joué.
La mienne, elle va être la plus loin, et je vais avoir la chambre solo.
Je prends l'arc du Maître, et je prends une flèche dans le carquois. Il n'en reste qu'une après moi, ça veut dire qu'il ne reste plus qu'une personne, et je suis sûr qu'il ne va pas m'atteindre.
« Il est tellement beau, » j'entends quelqu'un dans la foule dire à une autre, à voix basse, mais ça arrive à mes oreilles et je souris sans m'en rendre compte.
Je me mets en place, je regarde à ma droite, et je vois HenYu qui a crié mon nom. Je tiens le bout de la flèche et je tends la corde, en visant le sol. Je lâche, et là, c'est l'explosion des applaudissements et des « Wouah ! » quand la flèche file et se plante loin de la dernière flèche.
Je me retourne et je regarde la foule qui me regarde avec des yeux émerveillés, et je leur lance un petit sourire en coin, et je donne l'arc à Master Ling.
Je retourne à ma place, et je lève un sourcil vers la personne d'après, qui passe devant moi sans regarder personne.
« Qu'est-ce qui se passe ? » je demande, curieux, parce que mes camarades qui criaient et hurlaient tout à l'heure, ils se sont tus d'un coup.
« C'est Feng Lei, le cinquième prince, » répond HenYu tout bas, et je le fixe, curieux, parce que je ne sais pas ce que tout le monde sait. « C'est un monstre. »
« Moi aussi, » je croise les bras sur ma poitrine, le nez en l'air, mais la seconde d'après, mes bras tombent et ma mâchoire touche le sol.
Il vient de... Il vient de...
Merde... Il vient de planter sa flèche près de la mienne, à un centimètre de plus.
La foule applaudit comme si le résultat était annoncé à l'avance, mais dans ma tête, ça part en vrille à l'idée d'avoir un coloc.
« Bon, prenez vos affaires et allez dans vos chambres, » ordonne Master Ling, et il s'en va avec un sourire satisfait.
On compte à partir de la flèche la plus loin, et on descend. Je porte mes sacs et je me balade sur le chemin, à la recherche du dortoir avec la plaque en bois marquée du numéro un sur la porte.
« J'aurais dû forcer plus, » je grogne, frustré qu'il aille vivre avec moi.
Je pousse la porte avec ma jambe droite et je regarde dans la pièce qu'on dit luxueuse. Sérieusement, vous sentez le sarcasme dans le mot luxueux ?
Je m'avance et je lâche mes sacs sur le sol en bois de la pièce. Je suis en colère en pensant à FengLei. Je lève les yeux et je vois la personne que j'étais en train d'engueuler ranger ses vêtements dans l'armoire.
Je respire profondément, et je change d'expression instantanément. « Brother Lei, » je m'approche avec des yeux de chien battu.
Il se retourne et retourne à ses affaires, en allant vers le lit où il y a son sac, sans répondre.
« Brother Lei, » je l'appelle encore, en allant derrière lui, comme son ombre.
Un petit cri s'échappe de mes lèvres quand ma tête heurte son dos, parce qu'il s'est arrêté net sans prévenir. Je recule en un clin d'œil et je le regarde, et je vois qu'il me fixe.
« J... je... »
« Rassemblement dans le hall principal, » crie la femme de chambre, en disant aux élèves de se rassembler pour une petite fête de bienvenue.