CHAPITRE HUIT
TITRE : C'est qui, lui ?
Point de vue d'Octavia
C'était déjà tard, et Maman et Papa n'étaient toujours pas rentrés du boulot. J'aurais bien été les chercher, mais ils m'ont suppliée de jamais sortir de la maison, quoi qu'il arrive. La raison, c'est toujours un mystère, et j'ai pas encore pigé. J'en meurs déjà de curiosité, quoi.
Je lâche un soupir, et je baille, affamée. J'essaie de continuer à lire mon bouquin, mais mon cerveau part en vrille. Mon ventre arrête pas de gargouiller violemment. J'ai rien mangé depuis ce matin, alors je lui en veux pas de faire du bruit, à mon petit bidon. Même ma Louve avait faim, mais on doit se serrer les fesses, jusqu'à ce que Maman et Papa reviennent. Je suis sûre qu'ils ramèneront quelque chose à manger pour moi.
Je fixe mon regard sur le bouquin, en essayant de faire abstraction de la faim qui essaie de me bouffer.
Après avoir lu le ventre vide pendant une éternité, je commence à me sentir faible et somnolente. J'arrive même plus à me tenir debout, alors je m'allonge sur le tapis et je laisse le sommeil me gagner, direction le pays des rêves.
"Lâche-moi, espèce de bâtard !" Je grogne, énervée, alors que j'essaie de me libérer des deux costauds qui me tiennent à genoux. Je regarde autour de moi, et je réalise que je suis dans une espèce de salle d'audience. Comment je suis arrivée là ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
J'essaie d'utiliser mon pouvoir, mais rien ne marche.
"Espèces de connards ! Vous allez voir ce que vous allez voir !" Je grogne, furieuse, mais les idiots font la sourde oreille à mes menaces. Ils disent rien, ils réagissent même pas. Du coup, je me dis qu'ils doivent être sourds ou un truc du genre.
"Comment vous pouvez harceler une fille comme ça, hein ? Vous avez pas de respect, hein !" Je hurle, énervée, en essayant toujours de me défaire de leurs mains sales. Mais ça empire, ils serrent encore plus fort. Ok, là, je suis dans la merde. C'est quoi ce bordel ?
"Ok, je vais me calmer, laissez-moi juste partir, on peut s'arranger à l'amiable, vous voyez ? Dites-moi juste ce que j'ai fait de mal, je promets, je m'excuserai, arrêtez juste ce harcèlement," je dis calmement, en essayant de les raisonner.
Les idiots me répondent pas. Genre, c'est quoi, ils sont cons ?
"Vous êtes cons ou sourds ? Faites pas que je pète les plombs, je vous jure, vous allez pas aimer ce qui va arriver si ça arrive. Je vous préviens, lâchez-moi avant que je fasse un truc de travers," je hurle, énervée.
"Tu vas perdre ton énergie si tu continues comme ça, Octavia." Une voix grave et démoniaque remplit la pièce, suivie d'une aura sombre et intimidante qui engloutit tout.
Quoi ! C'est qui, ça ? Comment il connaît mon nom ?
Les deux costauds qui me tiennent tremblent de peur. On dirait qu'ils sont affectés par l'aura. J'ai pas besoin qu'on me le dise pour comprendre que cette personne est une créature dangereuse.
Ils me lâchent enfin, et je soupire avant de me relever. Je me retourne pour voir d'où vient l'aura, et je suis accueillie par la créature la plus effrayante que j'aie jamais vue. C'est un Homme mystérieux, il a l'air tellement dangereux avec ses griffes hyper longues, une grande cape sur le dos, avec une capuche qui lui couvre la tête, ce qui rend son visage invisible.
Mon cœur se serre de peur, et je sens l'adrénaline qui pompe dans tout mon corps. Mes jambes commencent à trembler, et tout mon corps vibre au rythme des battements violents de mon cœur. Il fait super frais, mais pourtant, j'ai chaud partout. Je dégouline de sueur.
Le Démon, ou quoi qu'il soit, avance lentement et sûrement vers moi, et à chaque pas, je sens tout mon corps se noyer dans la peur. Mon âme me quitte doucement, alors que son aura continue de me consumer.
Il s'arrête enfin devant moi et, lentement, il lève ses longues griffes pour toucher mon visage. Mon cœur s'arrête de battre à cette vue. J'ai envie de reculer et de courir pour sauver ma vie, mais je n'arrive pas à bouger. Je sens mes jambes plantées au sol par une force invisible. J'ai envie de fuir la mort qui se dresse devant moi, mais ma curiosité me bouffe. Je veux savoir qui il est, et je me retrouve à fixer le Démon, en essayant d'entrevoir son vrai visage. Même s'il va me tuer, je veux voir sa tronche, non ?
"C...c'est qui, vous ?" Je me force finalement à poser la question que je me pose à voix haute dans ma tête.
Il arrête sa main en l'air et serre lentement le poing, en me regardant. Même si je peux pas voir son visage, je sais qu'il est pas content.
"Tu veux savoir qui je suis ?" Sa voix démoniaque tonne, et ça me vole mon courage. J'ai l'impression que mon cœur va sortir de ma poitrine, la peur revient et tout mon corps se met à trembler.
Je sais que je vais pas survivre, il va sûrement me tuer, mais pourquoi ? Quel est mon crime, exactement ?
On dirait qu'il hésite, comme pour enlever la capuche. Il lui faut une éternité, avant que sa main n'atteigne enfin sa tête, et qu'il soit prêt à l'enlever.
Mes yeux deviennent lourds d'un coup. Quand il enlève la capuche, son visage est flou. J'essaie de forcer mes yeux à s'ouvrir, au moins pour voir sa tronche, mais plus j'essaie, plus ils sont lourds. Et lentement, son image s'efface, suivie d'une voix faible qui appelle mon nom...