Chapitre 11
POV d'Aviena
Attends. Quoi ? Il vient de filer le contrat à quelqu'un d'autre ? Je croyais que c'était confidentiel, ça. Wahou.
Je me suis tournée vers Rivière qui me regardait aussi. On dirait qu'il surveille ma réaction.
« Tu sais, nous, ce qu'on a ? » J'ai demandé, le sourire amical toujours en place, même si c'était hyper bizarre. Je déteste Rivière de même pas m'avoir parlé de ça. Ils ont l'air de bien s'entendre. Marissa me regardait aussi avec un sourire.
« Oui. Rivière me l'a dit. » J'ai juste souri en retour parce que je savais pas quoi dire. Je me suis juste présentée à elle.
« Aviena. La femme de Rivière, enfin, pour un moment. » J'ai fait genre d'être sympa, alors qu'en fait, j'étais super surprise de la visite impromptue de la personne que Rivière voulait.
Elle a pas l'air de casser de la vaisselle. Pas étonnant que les gens pensent que Rivière et Marissa vont bien ensemble, parce que c'est vrai qu'ils vont bien ensemble.
J'ai même vu Marissa le prendre dans ses bras avant de chuchoter. J'entends les commérages de nos colocs qui nous regardent. Ils ont direct détourné le regard quand j'ai croisé leurs yeux. J'ai juste souri.
« C'est vraiment OK si je reste ici un moment ? Maman a dit que notre maison était toujours en rénovation. » Ses yeux étaient déjà sur Rivière, mais après, elle s'est tournée vers moi.
« Ça va, Vena ? T'inquiète, je vais pas te déranger ! Je resterai hors de ta vue si tu veux, » elle a dit, l'air inquiète de ma réaction. J'ai juste fait un sourire forcé.
« Ça me dérange pas si Rivière a déjà décidé. Le manoir est trop grand, » j'ai dit, en regardant Rivière. Si j'avais pu lui faire une grimace, je l'aurais fait. Sa décision, c'était trop. On ne m'a même pas demandé mon avis. Je sais qu'on n'est pas vraiment ensemble, mais il pourrait au moins m'informer, non ? Même s'il faisait semblant de me demander. Mais il a même pas fait ça.
J'avais envie de le clasher, mais le sourire et la réaction angélique semblaient tatoués sur mon visage.
« Au fait, t'as vraiment un corps de rêve. On dirait que Rivière a vraiment un type précis, hein ? » Elle a rigolé à la question, puis elle s'est tournée vers Rivière qui n'a rien dit. Il me regardait toujours, il avait l'air d'évaluer ma réaction.
On était hyper mal à l'aise tous les trois, alors j'ai rangé mes affaires. J'étais encore en train de chercher Véron, mais je savais pas où il était, lui.
« Tu peux venir avec moi dans ma chambre, Rivs ? » lui a demandé Marissa. J'ai souri en secret. Je faisais genre d'être occupée à reprendre mon exercice. Qu'est-ce qu'ils vont faire dans la chambre ? Ils se manquent tellement, même son épouse officielle est là ? Ils vont pas se retenir de s'appeler ? Qu'est-ce que tu racontes, Aviena ? T'es en train de perdre la tête ?
Je me suis secouée et j'allais juste les ignorer, mais j'ai vu Marissa lui prendre le bras avant de me retourner.
« Je vais emprunter ton mari un moment, » elle m'a dit. C'est vraiment bizarre, ça. Je sais pas si je dois rire ou quoi. Je croyais que je m'en foutais complètement de le voir avec quelqu'un d'autre tant que ma carrière n'était pas ruinée, mais je sais pas ce que c'est ce sentiment bizarre que j'ai en ce moment. On dirait que ça fait mal. J'aime pas ça.
« Tu peux l'avoir autant que tu veux, » j'ai dit, en essayant de plaisanter même si c'était lourd. Marissa a rigolé en regardant Rivière. J'ai juste continué à lui faire bonne figure. Quel droit j'ai de faire quoi que ce soit si c'est elle, la vraie copine ? Je sais pas pourquoi ils font ça. S'ils s'aimaient, ils se seraient mariés. Pourquoi ça m'affecte autant ? Et moi, alors ?
« Si tu veux faire du sport, fais-en au gymnase, Aviena, » a dit Rivière, en me regardant froidement. Wahou, hein ? Il fallait encore ajouter quelque chose à sa sale gueule, hein ?
J'ai juste souri pour pas me disputer. Il continuait à me regarder, alors j'ai juste fait semblant de cacher mes vrais sentiments jusqu'à ce qu'ils entrent.
Je ne les ai plus regardés et je me suis juste distraite à la fin de ma routine d'exercice.
Quand j'ai eu fini, je me suis juste allongée sur le tapis avant de regarder le ciel. J'ai juste levé la main en regardant le ciel bleu. Je me suis fait un sourire amer. Je comprends pas pourquoi je suis comme ça, en fait.
« Madame, qu'est-ce que vous faites encore là ? Vous allez vraiment laisser la maîtresse de votre mari venir au manoir pendant que vous marmonnez ici ? » m'a demandé Véron. J'ai souri et haussé les épaules. Si elle savait ce qui se passait entre nous deux, elle ne me forcerait certainement pas à ne pas laisser la personne à qui je n'avais jamais vraiment parlé jusqu'au jour du mariage me prendre quelque chose.
Je me suis aussi levée, en aidant Véron avec certaines choses.
« Madame, on va vous aider, » ont dit des jardiniers du manoir.
« Wahou ! J'ai du mal aussi ici, vous pouvez même pas aider, » Véron s'est plainte à eux. Ils se sont gratté la tête avant d'aider Véron. Celui-là, on dirait vraiment une loi. J'ai pas pu m'empêcher de rigoler en la regardant.
Le sourire a disparu de mes lèvres quand je suis rentrée et que j'ai vu Rivière et Marissa qui avaient l'air de juste descendre les escaliers. J'ai souri. Pourquoi ils sont si rapides ? Quickie ? J'ai juste rigolé dans ma tête et j'ai essayé de ne plus les regarder.
« Merci de votre aide, » j'ai remercié les deux jardiniers et Véron.
« Pas de problème, Madame. Quand vous voulez ! Appelez-nous quand vous avez quelque chose à faire ! » Ils m'ont même souri, alors je leur ai souri aussi.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Le sourire sur mon visage s'estompa progressivement quand la voix froide de Rivière m'a accueillie.
« Je vais à l'étage maintenant. Tu devrais d'abord déjeuner dans la salle à manger, » j'ai dit, en souriant à nouveau à ceux qui m'ont aidée et en ignorant Rivière. Je suis allée directement à l'étage, mais l'idiot m'a quand même suivie. Il veut vraiment se battre, hein ? On n'est plus qu'à deux mois, mais il a l'air de montrer qui il est vraiment.
« Je t'ai dit d'aller juste au gymnase, » a-t-il chuchoté quand il s'est approché de moi. Il a toujours l'air en colère, à en juger par sa voix. C'est quoi, son problème ? J'ai même rien fait. Je fais de mon mieux pour ne pas me disputer avec lui, même si je suis déjà énervée par son attitude dégueulasse. Il fait encore une crise, hein ?
« Qu'est-ce que j'ai fait ? Je t'emmerde même pas ! Je commence à en avoir marre de toi aussi, Rivière Savellano, » j'ai dit avec un regard noir et je suis rapidement entrée dans sa chambre. Je l'ai aussi claquée pour que je puisse enfin entrer. Ce brute est vraiment en train de me pousser à bout.
J'ai juste attrapé la serviette avant d'aller directement aux toilettes. Je sais pas si je suis en colère et irritée d'être curieuse et coincée avec lui, ou à l'idée que sa copine soit là maintenant.
Ferme ta gueule, Aviena. T'as aucune raison de t'énerver pour ça. Tu sais déjà ce que t'es. Et s'il ramène sa copine ? Vous êtes pas ensemble.
Je l'aime même pas. Pourquoi je me sens énervée maintenant ?
Allez, crois-toi, Aviena.
J'ai juste fermé les yeux et je me suis plongée dans la baignoire. J'étais juste tellement énervée contre lui. J'ai aucun sentiment pour ce mec.
J'essaie juste d'y penser. Je sais même pas si je suis en train de perdre la tête. Je suis restée un moment dans la salle de bain avant de décider de sortir.
Je me suis assise au bord de la table quand j'ai de nouveau remarqué la photo exposée là. Mes lèvres se sont entrouvertes quand j'ai réalisé que Marissa était la fille sur cette photo. C'est pour ça que son visage m'est si familier.
J'ai pas pu retenir l'amertume de mon sourire. Amour d'enfance, hein ? Sympa. Quel beau couple ils font.
Je fixais juste ça depuis longtemps quand j'ai entendu frapper à l'extérieur.
« Vous devriez manger avec Monsieur, Madame, » m'a dit Véron. J'ai hoché la tête parce que je veux pas être VIP pour me faire livrer de la nourriture dans cette pièce.
J'ai immédiatement regretté ma décision quand je suis arrivée là.
J'ai même vu Rivière sacrifier Marissa qu'il ne pouvait pas faire pour moi. J'avais déjà mon sourire habituel quand je me suis assise devant eux.
« Toutes vos affaires sont déjà là ? » J'ai demandé à Marissa. J'ai réprimé un froncement de sourcils quand je l'ai vue serrer les lèvres pour faire un sourire.
« Pas tout encore. Des aides vont même apporter mes affaires ici parce que vous savez… Je vais rester ici trop longtemps… » Je sais pas si le sourire sur ses lèvres se moque de moi ou si j'accorde juste trop d'attention à son sourire.
« Oh, combien de temps vas-tu rester ici ? » J'ai demandé, en faisant semblant de m'en foutre. J'ai aussi commencé à mettre de la nourriture dans mon assiette.
« Hmm, je sais pas vraiment encore, mais je pense que ce sera plus long cette fois. Rivière et moi allons rattraper beaucoup de choses. » Elle a même regardé Rivière avant de lui sourire comme pour indiquer quelque chose. Je ne détourne même pas le regard de Rivière. Mon sourire est aussi devenu tellement brut avant que je continue à manger.
J'ai presque failli m'étouffer avec la nourriture quand je l'ai vue essayer de nourrir Rivière. J'ai même réprimé un rire. C'est pour ça que Rivière m'a fait une sale gueule alors que Marissa était surprise de voir mon comportement. Elle parle à cause de ça. Je sais pas si c'est pour l'autodéfense ou quoi.
« Rivière a l'air mince ces derniers mois. C'était bien qu'il soit rentré à la maison pour quelques jours. Il a grossi en quelque sorte. Et bien sûr, maintenant que je suis là, je vais aussi le faire manger beaucoup ! » m'a dit Marissa en souriant.
« Oui. C'est bien. Tu peux prendre soin de lui autant que tu veux. J'aime pas vraiment prendre soin de quelqu'un que je connais à peine. » J'ai rigolé parce que je savais que Marissa était déjà au courant de ce qu'on avait.
Le vent a alors changé. On était silencieux. Je pouvais même plus avaler la nourriture maintenant. Mais j'ai quand même essayé de le faire discrètement. Je me lève quand j'ai fini. J'ai même vu Marissa aider les aides.
Pas étonnant qu'ils l'aiment tous ici. C'est vraiment une femme modèle. C'est pas étonnant maintenant qu'ils veuillent qu'elle soit associée à Rivière. Elle est gentille. J'ai pu voir son large sourire sur certaines aides et elle a même pu discuter avec elles.
Je me suis retournée et je suis sortie directement de la maison. Je voulais vraiment pas rester ici. Si je suis pas enfermée dans la chambre, je suis juste dans le jardin. C'est tellement suffocant. J'en ai marre de faire comme si tout allait bien ici, au manoir de Rivière. J'ai même plus mon espace sûr.
Je sais pas si c'est vraiment un bon choix, maintenant.