CHAPITRE 8
'Tu vas où ?' je lui ai demandé, en arquant les sourcils pour la questionner.
'Euh... ben, à la maison. Je suis pas virée ?'
'Non, Mademoiselle Blackman, j'ai jamais dit ça. T'es promue Assistante Personnelle, mais avant de commencer, je vois bien que t'es distraite par quelque chose. T'as envie de partager ce qui se passe ?'
Ses yeux se sont illuminés et elle m'a souri, surprise.
'Je suis désolée pour mon relâchement, Monsieur. Je commence tout de suite,' m'a-t-elle répondu, et elle est allée vers mon bureau.
Mon bureau était conçu pour abriter le PDG et son Assistante Personnelle, avec de l'intimité.
Il y avait un plus petit bureau, juste à l'extérieur du mien, où elle travaillerait et ferait ses tâches.
L'espace de la secrétaire était en dehors des deux bureaux et était conçu comme une salle d'attente.
Je l'ai suivie. Elle a installé son bureau, en plaçant ses blocs-notes et ses stylos à portée de main, en nettoyant le téléphone du bureau avec du gel hydroalcoolique et en l'arrangeant à son goût, en dépoussiérant la chaise et en ajustant la hauteur pour qu'elle soit confortable. Elle s'est assise et un petit sourire a illuminé son visage, ce qui m'a aussi fait sourire. J'ai secoué la tête et j'ai effacé l'imagination folle qui se glissait dans mon esprit ensuite.
'Confortable ?' je lui ai demandé.
'Oui. Merci Monsieur Hollen.'
'Bien, parce qu'il y a du boulot. On a une réunion dans les vingt prochaines minutes et j'aurai besoin que tu prennes des notes.'
Elle a rapproché ses blocs-notes et ses stylos.
Son téléphone a sonné.
'Monsieur, c'est Monsieur Hoggers encore,' m'a-t-elle dit, 'Je lui transfère à votre poste ou vous répondez ici ?'
'Monsieur ?' sa voix est revenue.
'Mmhh,' j'ai répondu.
'Vous avez un appel.'
J'étais toujours là, en train d'admirer mon assistante avec appréciation et désir.
Qu'est-ce qui m'arrivait, bordel ?
J'étais complètement dans les vapes.
'Je prends ça dans mon bureau,' j'ai répondu et je suis parti rapidement, comme si je fuyais une invasion d'abeilles tueuses.
Après le long appel téléphonique avec Monsieur Hoggers, après que j'aie dû lui expliquer plus de cinq fois pourquoi je n'allais pas investir dans son entreprise et que j'aie dû écouter sa tentative de persuasion, j'ai raccroché le téléphone, me suis levé et des pensées sur mon assistante ont de nouveau traversé mon esprit.
J'ai regardé ma Rolex, enfin, elle appartenait à mon père en fait... Je pouvais me permettre mes propres Rolex, mais je voulais quelque chose à lui. Je crois que c'était un truc de père en fils. Tout le monde ne comprendrait pas.
Il était 10h56. Je suis sorti de mon bureau et j'ai trouvé Mademoiselle Blackman à son bureau.
'Prête ?' a-t-elle demandé en me voyant.
'Ouais,' j'ai répondu, en redressant mon costume à cinq mille dollars avant d'aller dans ma salle de réunion.
Dans la réunion du conseil d'administration
'Je pense qu'on devrait investir dans l'entreprise. C'est une entreprise très rentable et les revenus qu'on ferait seraient excellents. Je ne vois aucune raison de ne pas investir,' a protesté Mademoiselle Rhino auprès des partenaires.
Elle était toujours sur cette proposition stupide que j'avais déjà désapprouvée et le fait qu'elle n'ait pas écouté mes derniers mots n'était pas apprécié.
'Où sont les preuves de cela ?' lui a demandé l'un des partenaires.
'Eh bien, voici les états financiers et les revenus, les bénéfices et les pertes,' a-t-elle répondu et a remis un dossier à un vieil investisseur et ami de mon père.
'Monsieur Arkisa,' je suis devenu, en m'éclaircissant la gorge et en ajustant ma cravate, 'Mademoiselle Rhino et moi avons déjà eu une discussion sur cette même proposition et je l'ai désapprouvée parce que ça ne profitera en aucun cas à l'entreprise de mon père. On ne va pas investir trois millions de dollars dans une entreprise qui a plus de pertes que de bénéfices depuis plus de cinq ans, et c'est du simple bon sens.'
'Mais Monsieur Hollen, les pertes étaient minimes il y a cinq ans, quand l'entreprise est tombée dans un trou financier, et je suis certaine que chaque entreprise a ses défis, même celle de votre père,' Mademoiselle Rhino m'a répondu sur un ton respectueux mais avec une méchante intention derrière.
'Écoutez ! Je suis pas un demi-dieu. Je vais pas exaucer les vœux pour faire plaisir à qui que ce soit. J'ai désapprouvé pour des raisons, je n'ai pas désapprouvé parce que j'en avais envie ou que je pouvais. Je n'investis pas. Ça va pas se faire, point barre,' j'ai dit, le sang me montant à la tête lentement mais sûrement.
'Partenaires, vous entendez ça ?' Mademoiselle Rhino leur a demandé, comme s'ils pouvaient aller au-dessus de moi.
Ha, cette femme est folle.
On l'a ignorée et on a continué avec des situations qui nous intéressaient beaucoup plus.
Après la réunion et que les partenaires soient partis, Mademoiselle Rhino est restée pour m'aborder directement.
'T'es un patron horrible et un homme affreux. Je cherchais de l'intérêt pour l'entreprise de mon frère et tu sais très bien que tu pourrais renverser la situation financière pour eux.'
'S'ils veulent pas que je les rachète, je vais rien investir dedans.'
'Tu peux pas toujours racheter quelqu'un, Evan. Tu laisserais quelqu'un racheter Hollen Tower ?'
'Y'a pas assez d'argent dans le monde pour racheter Hollen Tower. On est construit sur une mine d'or, pas sur de la merde. Et ton ton me plaît pas, je te suggère fortement de changer ça,' je l'ai prévenue.