CHAPITRE QUINZE
J'ai parlé à ma tante toute la journée, à en savoir plus sur le monde surnaturel.
C'était incroyable, on voyait plus clair maintenant.
On avait de la vitesse, de l'agilité, de l'endurance et on était immortels. C'était incroyable !
Elle m'a dit comment ils se transformaient pendant la pleine lune et couraient dans les bois sous leur forme de loup, maintenant je comprends pourquoi ils avaient des bois à l'arrière de chaque bâtiment.
On ne devait jamais révéler nos vraies formes aux humains qui avaient très peur de nous et feraient quelque chose de terrible à cause de leur peur.
Elle m'a aussi parlé des âmes sœurs, apparemment la déesse de la lune qui nous a créés nous a donné la personne qui nous compléterait et partagerait le reste de notre vie aussi. C'était mignon et un peu effrayant en même temps.
J'ai pensé à **Rohan** et je me suis demandé s'il était mon âme sœur, s'il était un loup-garou, ça voulait dire qu'il ressentait le lien ou quelque chose comme ça et il n'a toujours rien fait.
S'il était mon âme sœur, est-ce qu'on va être ensemble maintenant ?
Comment je fais pour me contrôler et ne pas dire ou faire de bêtises devant un humain ?
J'ai attendu d'entendre mon loup, mais rien, je me suis dit que peut-être elle était timide et avait besoin de plus de temps, ou peut-être que je l'empêchais de me parler.
Ma **tante** m'a dit que je devais la laisser venir à elle, elle me parlera comme si j'entendais sa voix dans ma tête, comme je le fais depuis tout ce temps. Je pensais que j'étais folle et si quelqu'un me disait qu'un loup me parlait, je lui aurais dit qu'il/elle était fou.
J'étais toute excitée parce que **Camilla** m'avait envoyé des textos toute la journée, elle a pris mon numéro en promettant de rester en contact et elle a tenu parole parce qu'elle m'a demandé de venir passer du temps avec elle.
C'était mignon, mais j'avais clairement besoin d'être à la maison, juste au cas où je devrais me transformer ou changer.
J'ai refusé et elle a proposé de venir, pour qu'on puisse traîner ici à la place, j'ai déduit de son insistance qu'elle n'avait pas d'amies filles dans sa vie et qu'elle sautait tout simplement sur l'occasion d'en avoir une enfin.
J'ai rigolé quand elle m'a envoyé un texto avec trois autres "s'il te plaît" et un emoji avec une tête mignonne, je lui ai répondu que j'étais simplement occupée et que je la verrais à l'école.
Elle m'a envoyé un emoji triste et on a arrêté de s'envoyer des textos.
Maintenant qu'on avait fini, c'était évident que je n'avais rien d'autre à faire, j'étais toute seule dans la maison. Ma **tante** était dehors en train de faire Dieu sait quoi et m'avait laissée ici avec l'instruction stricte de ne pas quitter la maison.
Mais elle n'a rien dit sur le fait d'inviter quelqu'un...
"Ok, tu peux venir," j'ai envoyé un texto à **Camilla** qui a répondu avec
"Déjà en route," elle a accompagné ça d'un emoji avec une tête de fou.
J'ai attendu dans le salon en regardant une émission de télé, mais j'étais vraiment anxieuse, je n'avais jamais eu de petite amie avant, ni aucun autre type d'ami d'ailleurs.
Ça n'a pas pris quinze minutes avant qu'une voiture ne s'arrête dans l'allée, j'ai entendu des pas monter la porte et un instant plus tard, ma porte s'est ouverte.
"Chérie, je suis à la maison !!!" elle a annoncé.
Elle est venue directement dans le salon en tenant un sac en papier
"J'ai apporté à manger," a-t-elle dit en s'effondrant sur le canapé.
"T'es arrivée tôt," j'ai remarqué.
"Oh, j'étais déjà en route même quand tu as dit que je ne devais pas venir," m'a-t-elle dit en envoyant furieusement des textos à quelqu'un.
"Quoi ? !" j'ai crié.
Elle a laissé tomber son téléphone pour me fixer avec un regard du genre "duh".
"Tu crois vraiment que j'allais te laisser seule la veille de ton anniversaire ?" m'a-t-elle demandé.
Je ne savais pas quoi lui dire, c'était évident qu'elle avait une âme douce, mais pas assez pour renoncer à ses projets et venir traîner avec moi. C'était gentil.
"Alors, qu'est-ce que tu as apporté ?" je lui ai demandé, curieuse de voir ce qu'elle avait, l'odeur me mettait l'eau à la bouche et ça a fait grogner mon estomac.
"Cheeseburger et frites. Je pensais que tu avais peut-être faim," a-t-elle dit en faisant un geste vers le sac.
"Merci," je lui ai dit, j'avais vraiment faim et j'étais contente qu'elle m'ait apporté à manger.
J'ai pris le mien et j'ai tout avalé d'un coup, j'avais vraiment plus faim que je ne voulais l'admettre.
"Qu'est-ce qu'on regarde maintenant ?" **Camilla** m'a demandé.
"Je sais pas, tu peux mettre ce que tu veux, je m'en fous," je lui ai dit, trop occupée à manger mon cheeseburger. J'avais soudainement faim et j'en voulais plus.
"Hé, je peux manger le tien aussi ?" je lui ai demandé.
"Ouais bien sûr, j'ai déjà mangé en plus on peut commander une pizza," a-t-elle dit, trop occupée à regarder son émission.
J'ai hoché la tête en signe d'appréciation avant de tendre la main vers l'autre burger, c'était comme si mon appétit avait explosé.
Je transpirais abondamment et j'avais soudainement le pire mal de tête. J'ai posé mes mains sur mes tempes pour soulager la douleur, mais en vain.
"Hé, ça va ?" **Camilla** a demandé après m'avoir regardée lutter un peu.
"Oui, j'ai juste le pire mal de tête du monde," je lui ai dit.
"T'as des médicaments dans l'armoire à pharmacie ?" m'a-t-elle demandé.
"Non, j'ai pas besoin de médicaments, ça ira. J'ai juste besoin de me détendre un peu la tête. Ça a été une journée chargée," je lui ai dit.
Elle m'a regardée et est retournée regarder l'émission avec un regard sceptique, c'est comme si elle n'était pas convaincue que j'allais bien, mais elle était prête à me laisser le bénéfice du doute.
Elle continuait à me regarder de temps en temps pour s'assurer que je ne mentais pas quand je disais que ça allait.
J'ai ignoré ma tête qui battait et j'ai continué à manger mon cheeseburger quand je l'ai entendu.