CHAPITRE SOIXANTE-QUATRE
Point de vue d'Avilla
On est restés à la plage un bail à parler de trucs random, et là, je me rends compte qu'il a rien dit sur lui, et moi non plus. On était tellement à l'aise ensemble, le temps a filé, on savait même plus de quoi on parlait.
On se concentrait sur autre chose que nous, genre il faisait gaffe de pas me poser de questions perso, et c'était à la fois trop mignon et trop triste.
Si jamais on peut pas être ensemble, bah, j'imagine que tout ça aura servi à quelque chose.
Je sais pas pourquoi j'avais cette connexion de dingue avec lui, je croyais qu'il existait pas de deuxième chance après un rejet, mais apparemment, j'avais tort.
Je sais pas comment Camilla va prendre ça, mais j'espère qu'elle sera contente pour moi.
« Faut que j'y aille », il lâche comme ça, sans prévenir.
J'avais pas envie qu'il parte, j'aurais voulu qu'il reste avec moi jusqu'à ce que je dorme, mais j'pouvais pas lui dire ça.
« Okay », j'ai dit doucement.
J'avais trop envie de lui dire que demain, je retournais dans ma ville et qu'il me reverrait plus, mais je me suis retenue. Si c'était ma seule chance d'être heureuse avant de revenir à la réalité, fallait que je la saisisse.
« Bonne nuit » il a posé le bout de ses doigts sur ma joue, ils étaient chauds.
Pas ce à quoi je m'attendais, mais bon, les bouquins disent n'importe quoi aussi.
« Bonne nuit, Vladimir » je lui ai dit.
Je l'ai regardé s'éloigner et, d'un coup, il avait disparu.
Je suis restée un peu plus longtemps sur la plage à cogiter sur ce truc bizarre. C'est tard dans la nuit que je suis rentrée.
J'ai plein de trucs à penser quand je rentre à la maison, j'allais être honnête avec Camilla, ma tante et Rohan. Et je crois que c'est le moment que ma tante me raconte tout ce qu'elle sait, ou je la menace.
Je suis allée voir si ma tante allait bien dans sa chambre avant d'aller dans la mienne, elle dormait comme un loir.
Je suis allée dans ma chambre pour dormir...
....
Le matin est arrivé plus tôt que prévu, sûrement parce que j'étais réveillée depuis un bon moment. J'avais à peine dormi. Tout ça, c'était trop pour moi, fallait que je comprenne ce qui se passait. Je peux pas être la copine d'un vampire. C'était pas normal et qu'est-ce que j'allais faire avec Rohan ?
Bon, ça, c'est facile, j'accepterai son rejet pour lui montrer que ses jeux avec moi, c'est fini. Il peut aller avec la fille que j'ai vue au café. Je m'en fous plus, en ce moment, je veux juste être heureuse.
« Avilla ! C'est l'heure d'y aller ! » Ma tante a hurlé de sa chambre.
Ouais, j'étais prête, les valises faites, prête à rentrer. J'avais pas envie de quitter cet endroit, y avait un truc qui m'attirait. C'était paisible et je me sentais comme à la maison ici.
« J'arrive !! » J'ai répondu.
Je suis allée dans la salle de bain pour prendre ma douche et me brosser les dents, comme ça on pouvait y aller. J'avais faim et on allait devoir s'arrêter dans un café en bas de la rue. J'en avais vu un quand je suis arrivée et, d'après l'odeur, ils devaient faire des trucs bons.
J'étais prête à partir en dix minutes et ma tante courait encore dans sa chambre.
« Je suis prête ! » je lui ai crié.
« Okay, va mettre tes affaires dans la voiture pour qu'on parte, je te rejoins tout de suite » elle a dit.
J'ai fait comme elle a dit, et j'ai mis mes affaires dans la voiture, j'ai fait de la place dans le coffre pour qu'elle mette les siennes.
Pendant que j'attendais, j'ai regardé mon téléphone pour voir si j'avais des textos, et j'en avais pas. J'étais pas déçue, parce que j'avais pas tant d'amis que ça. Depuis que je suis là, j'ai été tellement prise dans les histoires de mecs que j'ai même pas exploré ou appris à connaître d'autres personnes.
Ça va changer, dès que je suis de retour, je vais me concentrer pour remettre ma vie sociale sur les rails. C'était le bordel.
« Okay, on y va. C'est toi qui conduis » ma tante a dit, dès qu'elle est sortie.
« On va s'arrêter au café après, j'ai les crocs » je lui ai dit.
« Moi aussi, j'ai rien mangé hier soir » elle m'a rappelé.
J'ai haussé les épaules et je suis montée dans la voiture.
« T'es sûre qu'on oublie rien ? » j'ai demandé.
« Non, j'ai tout emballé » elle a dit.
J'ai hoché la tête avant de démarrer la voiture.
On est arrivées au café, et je me suis garée dans l'espace que j'ai vu.
« Tu viens ? » j'ai demandé.
« Non, commande juste un latte et un croissant pour moi » elle a dit.
J'ai hoché la tête et je suis allée dans le café pour prendre ces trucs.
C'était pas bondé, ils se sont tous arrêtés pour me regarder, ça m'a rappelé le premier jour où j'ai rencontré Rohan. C'était exactement ça, et je me souviens que je suis allée commander au café.
« Bonjour, comment puis-je vous aider ? » Le barista a demandé.
« Je voudrais deux lattes, un croissant et un scone. Non, deux scones, garnis de beurre s'il vous plaît » j'ai dit.
Il a hoché la tête pendant qu'il écrivait ma commande.
« Ça fera 50 $ » il a dit.
J'ai pris mon porte-monnaie et je lui ai donné 100 $.
Il m'a préparé ma commande assez vite et était prêt à me rendre la monnaie, mais je lui ai fait signe d'arrêter.
« Merci » il a souri.
J'ai souri en retour, c'était rien.
Je suis retournée à la voiture et j'ai passé le croissant et le latte à ma tante qui a souri comme si elle venait de gagner à la loterie.
Je me suis installée au volant et j'ai posé le mien dans le porte-gobelet. Et j'ai pris la route en direction de ma ville.