CHAPITRE42
Ça fait deux semaines que Carter est enterré. Deux semaines déprimantes.
Bien que c'était mon anniversaire, celui de Lee et moi, ça ne ressemblait plus à rien sans le bruit constant qu'on avait avec la voix énervante de Carter ou le truc-qui-ressemble-à-un-gâteau qu'il faisait toujours le matin.
Les choses ne sont plus les mêmes, c'est clair.
« Hé, je sais que c'est dur pour vous tous, mais vous croyez qu'il veut qu'on reste assis dans un resto qui est super bien et qu'on ne fasse rien ? Je veux dire, allez les gars, faites comme Carter ferait toujours. Amusez-vous » nous a encouragés Ryan.
Il a raison, quand même. Si Carter était là, il nous aurait giflé pour qu'on soit aussi nuls.
« Ryan a du sens, même si c'est dur de dire ça » j'ai acquiescé.
Lee a répondu « Ouais, tu sais quoi ? Au lieu de déprimer, on va plutôt le célébrer. On va s'en sortir. Ensemble. »
« Oh, Carter me manque, mais quoi qu'il arrive, je ne serai plus aussi triste, vu que vous êtes là avec moi » Mélia a souri.
De nous tous, c'est elle qui l'a le plus ressenti, donc je suis vraiment fière de voir qu'elle avance.
« Et en plus, c'est le vingtième de Léon et Lorrie. On va se comporter comme des gamins ou faire la fête comme des adultes ? » Brooke a encouragé et j'ai secoué la tête, consternée.
« Vous vous rendez compte que vous venez de dire la même chose que moi, non ? » Ryan a rigolé et on l'a suivi.
« On mange, j'ai trop faim de crêpes » j'ai annoncé parce que sérieusement, mon ventre gargouillait comme un dingue.
« Manger ? Et sans moi ? » Une voix a dit derrière moi et j'ai instantanément souri.
« Salut mec » Lee a salué en premier, puis les autres ont suivi.
J'ai souri « Michael. Content de te revoir »
« Content d'être de retour » il a sorti ses mains de sa poche et m'a serrée dans ses bras
« Je suis tellement… » j'ai commencé à m'excuser
« Pas besoin de ça. Je l'ai mérité et en plus c'est ton anniversaire, tu mérites une carte de sortie de prison » il a dit alors qu'on prenait nos places.
« En parlant d'anniversaire, ils sont où mes cadeaux parce que je ne vois rien ici » j'ai demandé, confuse.
Ils ont tous rigolé « Tu sais vraiment pas te calmer. Mais t'inquiète, tu vas les avoir. » Brooke a dit.
Ils vont forcément me donner quelque chose. C'est inévitable.
Alors qu'on se lançait dans différents sujets de discussions, une voix s'est éclairci la gorge, arrêtant toutes les conversations. J'ai tout de suite regardé dans la direction de la voix, pour me retrouver face à face avec Lexis et honnêtement, une grande partie de moi était soulagée de le voir.
« Salut ? » j'ai demandé, sans trop savoir pourquoi.
« Je peux ? » Il a fait signe vers la porte et j'ai tout de suite compris, alors je me suis excusée et je l'ai rejoint dehors.
« Qu'e- »
« Avant que tu parles, il faut que je te dise des choses, Lorraine. Tout d'abord, j'ai parlé à mes parents et je suis prêt à leur donner une chance, quoi qu'il arrive. Tout ça grâce à toi, bien sûr. Je sais que ta vie n'est pas parfaite ; je sais qu'on a tous les deux nos problèmes et je suis désolé de t'avoir fait douter de toi quand il s'agit de moi.
Lorraine, oui, quand je t'ai rencontrée pour la première fois, j'avais l'impression que tu étais coincée et tout, mais ça a changé au moment où j'ai commencé à te connaître. Pour toi.
Honnêtement, je pourrais parler de toi toute la journée et toute la nuit, et même maintenant j'ai encore un million de choses à dire. Mais quoi qu'il en soit, trop de mots ne servent à rien, alors je vais simplement finir par « tu es la personne la plus magnifique que j'ai jamais rencontrée, et je ne peux pas imaginer ne pas t'avoir dans ma vie.
Et je veux juste que tu saches que tu es la plus belle fille que j'aie jamais vue. J'adore la façon dont tu t'endors sur ma poitrine quand je te demande de rester avec moi, comment tu arrives à suivre mon drama. Tu es juste, je sais pas... Parfaite ? Tu es un cadeau. Un cadeau que je ne suis pas prêt à perdre. »
Quand il a fini, j'étais sans voix et en larmes face à ce que j'ai entendu. Je n'avais pas des papillons dans le ventre ; j'avais une putain de tonne de confettis qui éclataient là-dedans.
Je veux dire, j'ai eu ma part de mecs, mais ça... C'est incroyable.
« Je ne sais même pas quoi dire, Lexis. Je t- je t- je t'aime. Tellement » j'ai enroulé ma main autour de son cou, nos yeux ne se quittant jamais.
Il m'a regardée, puis mes lèvres, comme s'il attendait la permission de l'embrasser et mec, j'ai envie de goûter aux siennes tellement fort. Littéralement, tout en moi criait 'Embrasse-moi les lèvres'.
J'ai regardé à nouveau ses yeux, prenant l'émotion qui émanait de lui, alors qu'on se rapprochait et je n'ai pas pu m'empêcher d'adorer ça.
« Eh bien, princesse, c'est avec tout mon cœur que je te dis que je t'aime aussi » il a murmuré d'une voix rauque avant de capturer mes lèvres avec les siennes.
Je n'arrivais plus à réfléchir quand il m'a embrassée, alors j'ai juste fait ce que j'avais envie de faire ; je l'ai embrassé en retour et j'ai souri, appréciant la sensation.
Ses bras étaient tout de suite autour de moi, aussi sûrs et durs, comme s'il ne voulait jamais me lâcher. Tout ce que j'ai ressenti, c'était la déferlante de l'impuissance, le fait de s'abandonner, la vague de chaleur qui m'a laissée molle. Ses baisers étaient doux au début, puis c'est devenu une succession rapide d'intensité qui m'a fait m'accrocher à lui comme la seule chose solide dans un monde chancelant et étourdissant. Sa bouche insistante a envoyé de folles secousses le long de mes nerfs, évoquant de moi des émotions que je n'aurais jamais cru être capable de ressentir.
On a été rudement interrompus par Lee qui a frappé abruptement à la vitre « On adore vraiment votre démonstration d'affection, mais ça vous dérangerait ? Les civils ne veulent pas voir votre porno. Merci. »
J'ai rougi, j'ai tenu ses mains dans les siennes puis je l'ai entraîné à l'intérieur quand il m'a arrêtée « Attends. »
J'ai froncé les sourcils « Quoi ? »
« Je ne sais pas si c'est le bon moment, mais, veux-tu faire le bonheur de ce mec et être sa copine ? » Il a demandé, plein d'attente et j'ai été soufflée.
J'ai pouffé « Vu qu'on venait de se fiancer, je dirais que oui » j'ai répondu alors qu'il m'embrassait sur les lèvres et me suivait à l'intérieur, un sourire sur nos deux visages.
On s'est tous les deux assis et on a rejoint le reste de notre petit-déjeuner d'anniversaire.
Alors qu'on partageait des pensées, qu'on évoquait des souvenirs, qu'on rigolait ensemble, j'ai regardé mes amis qui étaient devenus ma famille, j'ai souri en regardant où on en était et combien on avait traversé et je ne pourrais pas être plus heureuse de partager chaque instant avec eux.
Honnêtement, je suis tellement reconnaissante pour chacun d'eux. À Léon pour être le meilleur frère que je pourrais demander et pour enfin revenir à la maison, à Brooke pour ses rabâchages constants, à Mélia pour être une sœur géniale, à Michael pour l'aide et tout ce qu'il a traversé juste pour Lee, à Ryan, pour être la personne la plus divertissante que j'ai jamais rencontrée, à mon copain Lexis, pour me donner autant de fil à retordre, à chaque fois et aux nombreuses années que j'espère aimer et passer avec lui et à Carter, qui nous encourage probablement depuis le paradis.
J'ai trouvé le bonheur, j'ai trouvé l'amour, j'ai trouvé la paix, j'ai trouvé l'espoir et surtout, j'ai trouvé la foi qui m'a permis de traverser la tempête.
~FIN~