Chapitre 5
C'est un Made-Mad-Man. Oui, il est fou.
J'ai toujours été attirée par un mec avec des grandes mains. Peu importe qui c'est, j'ai l'habitude de regarder ses mains. On a tous des habitudes, nan ? C'est l'excuse que je me sers quand mes yeux se posent sur sa main tendue. Des veines ressortent autour de ses jointures. Des doigts longs et épais.
Une longue cicatrice dégueulasse couvre presque tout son index. Ça me fait déglutir rien qu'à penser à la raison de son existence.
Ses mains pourraient facilement s'enrouler autour de mon cou, me dominer. Les mains d'un tueur.
Je fronce les sourcils, en regardant sa main parce qu'il la tend, attendant que je la prenne.
Tout en moi crie de ne pas le toucher. Mon corps veut courir, alors pourquoi je n'arrive pas à quitter ses yeux monstrueux des yeux quand je relève la tête ?
Je veux pas être malpolie et manquer de respect à mon frère, c'est le mensonge que j'utilise quand j'enfile mon grand pantalon et que je mets ma petite main dans la sienne.
Il referme ses doigts autour des miens, si délicats. Ses doigts sont si grands.
Son toucher est rugueux et ferme, et ses mains ne sont ni froides, ni chaudes.
J'apprécie pas la réaction de mon corps face à lui. Mon pouls qui bat à mon poignet, la rougeur qui monte à mes joues. La chaleur que je sens émaner de ses yeux. C'est tout faux.
Il est trop.
Il te fixe, Aliyana. Ne lui montre pas que tu es affectée par lui, d'une quelconque façon. ALIYANA.
Des mots hurlent dans mon âme, ma tête, et à travers chaque petit morceau de mon être.
"Enchanté de vous rencontrer." Sa voix est grave, trop grave. J'aime pas ça. Je le déteste direct.
Il sent que j'ai envie d'enlever ma main et la serre plus fort. Ça fait que mes yeux le transpercent. Des yeux noirs, noirs. Maléfiques.
J'espère qu'il peut lire le dégoût que j'ai pour lui. Comment il ose me toucher comme ça ! Mais pour qui il se prend ?
Mais même le mal, c'est beau. Je nie le petit frisson que je sens quand sa bouche se contracte face à la lueur dure que je dégage.
Il attend mon nom. Il faut que je lui dise. Dis quelque chose, Aliyana.
"Aliyana, la sœur de Filippo."
"Aliyana. Moi, c'est Marco Catelli," répond-il avec cette voix grave.
Il lâche ma main, mais pas avant de me caresser l'intérieur de la paume. Le toucher est intime. C'est pas bon.
La chose la plus intime que j'aie jamais vécue, sans aucun doute, dans ma vie protégée. Et ça vient de ce mec. Le mec que ma sœur espère épouser.
C'est tellement pas bon.
Vivre avec quatre mecs m'a pas permis d'explorer autant que j'aurais voulu. En fait, ça a rendu toute intimité impossible.
Je fais un pas en arrière, m'éloignant de notre proximité et regarde mes yeux, et qui se rapproche de nous c'est Leonardo. Ce jour pourrait-il avoir plus de surprises ? Deux fois en un jour.
Il est un mystère pour la lignée des Catelli. Là où ses frères sont sombres, lui est clair.
Les profondeurs noires restent inébranlables, mais les miennes finissent par fixer des yeux bruns familiers alors qu'il se rapproche de notre petit 'rendez-vous', et comme toujours, je reste comme une statue.
Marco est grand, mais Leonardo est beaucoup plus grand que son frère aîné. Moins dangereux aussi.
"Vous deux, allez à l'intérieur, on doit parler business. Les clés de la voiture sont sur la commode dans ma chambre, vous pouvez conduire à Azure ce soir." Filippo nous ordonne.
J'embrasse mon frère pendant que ma sœur lèche Marco.
Je dois tirer son bras, pour qu'elle entre avec moi. Et même là, elle tourne la tête au moins plusieurs fois. Je le fais une fois, en fermant la porte de notre maison, en m'assurant que le Diable sache qu'il n'est pas le bienvenu.
Un jour, je me demanderais pourquoi mon regard est attiré par Marco Catelli, un homme aux yeux fous et pas celui que je veux. L'obscurité contre la lumière. Un jour, mais pas aujourd'hui.