Chapitre 17
Félicité était parti·e depuis trois jours, et j'avais toujours pas de nouvelles. Je continuais d'essayer d'appeler son numéro depuis le jour où il/elle s'était volatilisé·e, mais son numéro ne sonnait pas.
Quand je suis allée chez elle/eux, Tante Eugène ne semblait pas s'inquiéter de la disparition de son fils/sa fille. Leurs actions semblaient normales – comme si rien d'inhabituel ne s'était passé – ce qui m'a rendue méfiante.
Je me suis excusée auprès de Léa pour ce que j'avais dit lors de ma visite précédente. Je leur ai donné la même explication que j'avais donnée à Félix, et ils m'ont assuré·e·s qu'ils comprenaient ma situation et pourquoi j'avais agi comme ça. J'étais contente qu'ils ne me détestent pas pour avoir critiqué la fille que Félix adorait.
Durant ces trois jours, j'ai essayé de reconstruire ma vie sociale en miettes, celle que j'avais perdue quand je me suis mariée. Je suis allée dans un club privé pour socialiser et passer du bon temps. J'ai aussi décidé d'avoir un permis de conduire et de m'inscrire dans une salle de sport bien connue à Metro Manila pour un abonnement d'un an. Un pas de plus vers mon objectif d'indépendance et de guérison. J'ai aussi commencé à chercher des appartements à acheter en dehors de Manille et à regarder quelques endroits qui seraient idéaux pour mon rêve de plantation de café avec l'aide d'un nouvel ami.
Bah, ce nouvel ami, c'était Quintin. Quand on se fréquentait, je n'avais aucune idée que ce serait si bénéfique parce qu'il m'a offert des conseils et de l'aide. Il était très accommodant. Y avait pas d'arrière-pensée. On connaissait tous les deux nos centres d'intérêt, nos objectifs et nos rêves, c'est pourquoi on a accepté de rester en contact et d'être juste ami·e·s.
J'ai pas encore parlé de mes projets à mes parents. Ils m'ont cependant posé des questions sur mes plans chaque fois qu'ils ont appelé. Je voulais garder tous ces plans aussi secrets que possible, et j'étais consciente qu'ils s'opposeraient s'ils le découvraient.
Revenons à Félicité. Oui, je ne pouvais toujours pas appeler, mais chaque fois que j'avais du temps libre, j'essayais d'appeler son numéro en espérant que ça sonnerait enfin. J'ai juste allumé le haut-parleur à chaque fois que je le faisais, mais ce troisième jour, son téléphone a étrangement sonné, mais personne n'a répondu. J'étais très impatiente d'avoir de ses nouvelles. J'ai ressenti un certain soulagement. Je lui ai laissé un message lui demandant de me rappeler quand il/elle aurait le temps.
Pendant quelques jours, il/elle m'a rendu·e anxieux·se et curieux·se de savoir où il/elle était, et si j'avais été sa mère, je l'aurais grondé·e quand j'en aurais eu l'occasion. J'ai juste posé le téléphone sur la table de chevet et je suis retournée choisir quoi porter pour la pool party à laquelle j'étais invitée quand, soudain, j'ai pensé à aller voir Félix pour lui dire que le téléphone de Félicité sonnait déjà. J'ai couru en bas après avoir attrapé ma clé de voiture, mon téléphone et ma pochette. J'ai conduit toute seule jusqu'à leur entreprise, et juste après que le garde m'a vu, il a demandé tout de suite si j'allais voir leur boss, Félix.
« Oui, je suis là pour le voir », ai-je répondu avec un sourire.
« Monsieur Félix n'est pas là, madame. Il est sorti de la ville et a utilisé son hélicoptère privé hier après-midi », m'a informé un des gardes après que les deux se sont regardés.
Ça, c'était surprenant.
« Il doit y avoir quelque chose de très important pour qu'il utilise leur hélicoptère. » J'ai pensé.
« E-Est-ce que sa secrétaire est avec lui ? » J'ai envisagé de demander au même garde.
« Non, madame. Monsieur Félix est parti tout seul avec le pilote », a-t-il répondu tout de suite.
Parce qu'ils ont mentionné que la secrétaire n'était pas venue avec Félix, j'ai décidé d'aller voir sa secrétaire à la place, et j'ai découvert que Félix était à Aklan – à Boracay.
« En rapport avec le travail ? » J'étais juste curieuse.
« O-Oui, madame. Il y a une petite île qu'il va développer bientôt, et monsieur y est allé pour faire son inspection et sa planification initiales. » Sa réponse m'a fait réfléchir pendant quelques secondes, et j'ai soudainement réalisé quelque chose qui m'a fait sourire.
Félix m'a dit que Bretzel résidait actuellement sur une île. Cette même île qu'elle développait actuellement en utilisant de l'argent venant de sa poche. Il y avait une forte probabilité que Félix soit allé sur la même île pour l'aider avec la planification et le tri des choses.
« On dirait que les choses deviennent plus excitantes. » J'ai quitté leur entreprise.
Ma prochaine destination était la maison de Tante Eugène pour obtenir plus d'informations. Au début, tout ce que je voulais, c'était qu'iels confirment quelque chose, mais je n'attendais jamais rien de plus de leur part. Léa et Tante Eugène semblaient peu disposées à parler. Ils n'arrêtaient pas de se regarder, et iels ne pouvaient pas me regarder droit dans les yeux. J'étais estomaqué·e, comme je l'avais été le jour où Félix a demandé où était son/sa jumeau/jumelle. Je n'étais pas sûr·e de la raison pour laquelle iels semblaient garder le secret, mais s'il y avait une raison sérieuse, j'avais déjà une idée.
« Iels sont juste quelque part en train de réparer des trucs, Élyana. Iels reviendront bientôt », m'a assuré Tante Eugène, l'air mal à l'aise face à ma visite soudaine et à mes questions alors que je m'inquiétais juste pour Félicité.
« M-Maman a raison, Élyana. Attends-les juste. C'est trop loin », a acquiescé Léa, et comme Tante Eugène, elle ne pouvait pas non plus me regarder dans les yeux.
« C'est ça ? Je me demande où c'est. J'ai aussi envie d'aller dans des coins du pays lointains où je ne suis jamais allée, et je pense aussi que c'est ma chance de voyager et d'en profiter alors que je ne suis pas occupée avec mes plans. » J'ai répondu. J'ai observé la réaction de Tante Eugène à mes paroles ; elle semblait réfléchir à ce que je venais de dire. Elle a semblé ressentir de la sympathie pour moi, et plus tard, elle m'a dit exactement où je pourrais trouver les jumeaux Martincu.
J'ai acheté un billet tout de suite et je suis rentrée chez moi pour faire mes bagages, en m'assurant d'avoir suffisamment d'argent liquide car l'île était semi-isolée. Le vol était prévu pour l'après-midi.
Il faisait déjà nuit quand je suis arrivée à Aklan. Je me suis enregistrée à l'hôtel de la ville, où l'un·e des jumeaux/jumelles viendrait me chercher. Il était temps d'affronter Bretzel. Honnêtement, je ne pouvais pas croire à quel point elle était déjà proche d'iels, même si ça faisait moins d'un an qu'iels l'avaient rencontrée. Elle avait pris ma place.
On n'aurait pas eu de problème si ce n'était que Félix, mais mon/ma meilleur·e ami·e – toute ma deuxième famille, que j'ai ramenée ici – lui était si attaché·e.