Chapitre 74
'Réveille-toi, gros babouin !' J'ai gueulé de frustration en le frappant à plusieurs reprises avec l'oreiller.
'Aïe ! Aïe ! Aïe ! C'est quoi ce bordel, arrête !' La voix groggy de Preston m'a empêchée de le frapper davantage. J'ai posé l'oreiller sur son lit, les mains sur les hanches, en le fusillant du regard.
'T'as pris des somnifères ou quoi ? Je te jure, essayer de te réveiller a demandé plus d'efforts que de réveiller un être normal.' J'ai soufflé. Je me suis arrêtée quand il s'est assis et que la couette est tombée à sa taille. Il a bâillé et s'est frotté les yeux.
J'avais presque peur de demander, mais j'ai décidé qu'il valait mieux clarifier les choses plus tôt que de le voir accidentellement me montrer son costume d'anniversaire.
'T'es à poil là, en ce moment ?' J'ai demandé timidement. Je crois qu'il a remarqué l'hésitation dans ma voix, parce qu'il m'a regardée avec confusion avant de baisser les yeux.
'Non, j'ai un pantalon. Du calme, meuf.' Il a répondu en se laissant retomber sur son lit.
'Tu veux quoi de toute façon ? Le soleil n'est même pas encore levé !' Preston a grogné en tirant son oreiller sous sa tête et en s'enfouissant plus profondément dans le confort de son lit.
'Oh non, toi, tu vas pas faire ça !' J'ai crié, lui arrachant son oreiller, le frappant à nouveau avec.
'Allez, allez ! Je suis debout ! Putain !' Preston s'est retourné de l'autre côté du lit, assez loin pour que je ne puisse pas l'atteindre avec l'oreiller, et s'est assis.
'J'ai essayé de te réveiller normalement, mais t'as même pas bronché, alors j'ai dû en arriver là.' Je lui ai expliqué quand il m'a regardée avec des yeux plissés.
Il a encore bâillé, se frottant les yeux avec le talon de sa main en se levant et en s'étirant. Case d'il y a un an aurait détourné le regard à la vue de tant de peau nue. Je suppose que tous ces combats avec des mecs torse nu ont vraiment eu leur effet sur moi, me permettant de lancer un regard impassible à Preston.
'J'ai besoin que tu me ramènes à cette tente où la compétition a eu lieu. J'ai laissé mon vélo là-bas et je dois me préparer pour l'école. Je vais être en retard si on ne part pas bientôt.' Je lui ai expliqué alors qu'il se dirigeait vers son placard.
'T'es sortie de l'hôpital hier soir et tu peux même pas prendre un jour de congé de l'école ?' Preston a demandé avec incrédulité en arrêtant de choisir ses vêtements pour me regarder.
Il a secoué la tête, 'Quand Adam nous a dit que sa copine était studieuse, il ne plaisantait pas. T'es dingue de l'école,' a rétorqué Preston. J'ai froncé le nez à ce qu'il a dit.
Ça fait longtemps qu'on ne m'a pas appelée la copine d'Adam et j'ai ressenti une petite piqûre au cœur. J'ai inspiré et expiré, faisant semblant d'expulser tout sentiment résiduel de cette légère piqûre.
'S'il te plaît, descends vite fait pour qu'on puisse partir. Je veux vraiment pas être en retard,' j'ai supplié Preston. C'était le seul qui pouvait me ramener. Jerry était hors de question et j'essayais de rester à au moins 10 mètres d'Adam en ce moment.
Preston m'a fait signe de partir, me suivant hors de sa chambre avec une pile de vêtements et une serviette à la main.
'Comment tu vas expliquer les bleus si quelqu'un te demande ?' Preston m'a demandé, en regardant ma lèvre probablement éclatée et ma joue et mes yeux légèrement enflés.
J'espérais honnêtement qu'un miracle se produirait et que mes bleus seraient moins visibles quand je me réveillerais ce matin. Mais un coup d'œil dans le miroir et tout cet espoir est parti par la fenêtre.
J'ai haussé les épaules en réponse à la question de Preston. 'Je dirai rien,' j'ai répondu simplement. J'ai descendu les escaliers pendant qu'il s'est arrêté à la porte de la salle de bain et y est entré. Je ne devais d'explication à personne à l'école sur la raison pour laquelle j'avais l'air d'une merde, donc je n'allais rien expliquer.
La beauté de jouer la garce parfois, c'est brillant.
Je suis sortie sur le porche et je me suis assise sur le hamac. J'ai regardé le ciel bleu se peindre de stries orange et rose alors que le soleil se préparait à faire son apparition.
J'ai fermé les yeux et je me suis délectée du son de l'aube. J'entendais le gazouillis familier des oiseaux avec lequel je me réveillais tous les matins pendant les voyages de camping.
La brise qui soufflait doucement sur mon visage, le chant des oiseaux et les belles teintes du ciel étaient les seules choses qui rendaient les matins supportables.
J'ai senti quelqu'un m'observer et j'ai tourné le cou pour jeter un coup d'œil par-dessus mon épaule pour voir qui c'était.
J'ai rencontré les yeux verts familiers dans lesquels je me laissais autrefois me noyer.
'C'est impoli de regarder, tu sais,' j'ai dit, reprenant ma position initiale en écoutant les feuilles mortes craquer sous les chaussures d'Adam alors qu'il se rapprochait.
'T'as l'air d'être en pleine béatitude, mais je me souviens pas que tu m'aies jamais dit que t'étais une lève-tôt,' a dit Adam doucement. S'il n'y avait pas les vibrations apaisantes que les matins semblaient dégager, je ne penserais même pas à accepter cette conversation.
'Bah, je crois que tu te souviens pas de grand-chose,' j'ai marmonné avant de le corriger ; bien qu'une voix méchante en moi m'ait dit que ce n'était pas nécessaire, que je ne lui devais pas ce genre d'informations.
'Je suis pas une lève-tôt, je l'ai jamais été,' lui ai-je dit, en balayant ma conscience méchante.
Avant qu'Adam puisse dire quoi que ce soit, la voix de Preston a résonné de l'intérieur de la maison et il n'avait pas l'air content.
'Case Johnson ! Tu m'as putain de réveillé à 6 heures du mat' ?!' J'ai grimaçé à la force de sa voix, regardant avec consternation les oiseaux qui gazouillaient s'enfuir de peur.
'Pres ! T'as fait fuir les oiseaux !' J'ai exprimé ma consternation en le regardant.
'Oublie les putains d'oiseaux ! T'es sans cœur ! J'arrive pas à croire que t'oses me réveiller à cette heure !' Preston est devenu visiblement rouge de colère. Je n'arrivais pas à croire qu'il s'énerve pour quelque chose d'aussi insignifiant.
C'est ça que j'ai l'air de faire quand on me réveille tôt le matin ?
Probablement.
'Pourquoi tu l'as réveillé en premier lieu ?' Adam m'a demandé en se tournant vers moi pendant que son frère continuait à m'insulter pour avoir troublé son sommeil réparateur.
'J'avais besoin qu'on me ramène, je peux pas me permettre d'être en retard à l'école,' j'ai expliqué sèchement, ne sachant pas à quel point je devrais être ouverte avec Adam en ce moment.
Adam est resté silencieux pendant un moment avant de me tendre la main. Je l'ai regardée d'un air interrogateur et il s'est expliqué. 'Je te conduirai, Preston peut retourner dormir.'
D'une manière ou d'une autre, à travers tous ses hurlements et ses jurons, Preston a entendu ce que son frère a dit et s'est vite tu. Je me suis tendue à cette suggestion.
Coincée dans un espace confiné avec Adam ?
Avant sa perte de mémoire, je n'aurais pas eu besoin d'y réfléchir à deux fois. Mais maintenant ?
J'ai regardé Adam intensément, essayant de comprendre ce qu'il préparait. Il a croisé mon regard, fixant ses yeux dans les miens.
'Non, c'est bon. Case, allons-y. On veut pas que tu sois en retard en cours,' a dit Preston promptement. Je suis vite sortie du concours de regards et l'ai regardé.
'Sois pas stupide, ça va aller. Je suis parfaitement capable de conduire, tu te souviens ?' Adam a insisté, lançant un regard à Preston, mais Preston a campé sur ses positions avec des yeux plissés et m'a lancé un regard.
J'ai regardé entre les deux. C'était évident qui je devais choisir. Adam n'était pas mon Adam en ce moment et franchement, je faisais plus confiance à son frère ; bien que Pres ait eu l'air d'un imbécile pervers la première fois qu'on s'est rencontrés.
Mais je suppose que l'air du matin me jouait des tours alors j'ai glissé ma main dans celle tendue d'Adam. Je l'ai laissé m'aider à descendre du hamac.
J'ai regardé Preston et je lui ai assuré que ça irait. Je me sentais mal de l'avoir réveillé de toute façon. De cette façon, il pourrait retourner dormir le reste de la journée.
Preston a regardé son frère avec des yeux plissés en fentes alors qu'il s'approchait lentement de nous.
'T'es mon frère, mais Case, c'est aussi de la famille. Si tu lui fais du mal d'une quelconque maniè- ' Adam a coupé Preston au milieu de la menace.
'J'ai compris l'idée, frérot. Hakuna tes tétons.' Adam a levé les yeux au ciel en attrapant les clés de la voiture des mains de Preston et s'est dirigé vers la voiture pour démarrer le moteur.
Preston s'est tourné vers moi quand Adam était hors de portée de l'ouïe avec des yeux inquiets.
'T'es sûre ?' Preston a scruté mes yeux alors que je lui adressais un petit sourire. J'ai serré la main avec laquelle il me tenait le bras.
'Ça ira, Pres. Désolée de t'avoir réveillé. Je t'enverrai un texto quand je serai rentrée, alors retourne faire ton sommeil réparateur, d'accord ?' Je lui ai souri alors qu'il grognait de s'être réveillé pour rien. Néanmoins, Pres m'a fait un câlin sur le côté et m'a souhaité un bon voyage.
Il était comme un frère pour moi qui a réussi à passer d'un gamin de 10 ans à un grand frère protecteur en quelques secondes. Il m'a rappelé Bryant et ça m'a fait sourire.
Bryant aurait aimé Preston.
Sauf la fois où Preston a essayé de me draguer quand on s'est rencontrés pour la première fois.
Aucun intérêt.
Bryant lui aurait coupé les membres pour ça.
J'ai secoué la tête avec un fantôme de sourire qui dansait encore sur mes lèvres alors que Preston retournait dans la maison.
J'ai entendu le moteur de la voiture rugir et j'ai jeté un coup d'œil à Adam qui se tenait là avec une main posée sur la vitre ouverte du siège du conducteur, me regardant comme un faucon.
J'ai essayé d'avaler subtilement ma salive en marchant vers la voiture.
Une heure de route dans un espace confiné en mouvement avec le diable en personne.
Ça devrait être amusant.