Chapitre 12
Estelle sourit fièrement après s'être retournée pour s'occuper du poisson. « Ben… je crois que c'est différent, alors. »
Adèle l'informe joyeusement, « Ouais… et puis Nadine m'a acheté une glace, Grand-mère. »
« Ben, c'était gentil de sa part. » Elle se tourne vers Nadine. « Merci pour ça, Nadine. »
« De rien. »
Estelle regarde sa petite-fille. « Maintenant, pourquoi tu n'irais pas te laver pour le dîner, Suga'bear ? »
« D'accord, Grand-mère. »
Adèle sort en courant de la cuisine, et Estelle crie, « Et ne t'attends pas à un dessert ce soir… tu en as déjà eu un. »
Elle entend sa petite-fille répondre son habituel, « D'accord, Grand-mère. »
Estelle sourit et hoche la tête, alors qu'elle mime doucement à haute voix, « D'accord, Grand-mère. »
Estelle continue de faire frire le poisson, tandis que Nadine se tient derrière elle en restant silencieuse ; comme si elle réfléchissait beaucoup. Elle finit par parler.
« Mme Wilson… je voulais vous demander quelque chose… mais je ne sais pas comment vous le demander. »
Estelle se tourne vers Nadine. « Je trouve que c'est plus facile de demander directement. » Puis elle se retourne vers la poêle.
Nadine commence, « Ouais… je ne veux pas vous offenser… c'est un peu à propos d'Adèle. » Elle redevient silencieuse.
« Ne sois pas timide, ma fille ; vas-y. »
Nadine demande avec appréhension, « Je me demandais juste… est-ce qu'Adèle est… retardée ? »
Estelle Wilson a toujours eu le sens des gens ; la plupart du temps, elle est capable de lire leurs véritables intentions. Elle sent que Nadine n'essaie pas d'être cruelle ou de juger en lui demandant cela ; mais plutôt, elle a un réel intérêt à vouloir comprendre Adèle. Estelle se tourne vers Nadine et lui sourit chaleureusement.
« Je ne regarde pas vraiment Adèle comme étant retardée… elle est juste plus lente que la plupart des gens. Tu vois ; quand sa maman était enceinte d'elle… eh bien, le cordon ombilical était un peu enroulé autour du cou d'Adèle… et son cerveau n'a pas reçu tout l'oxygène dont il avait besoin pour se développer complètement. Donc, son cerveau est juste un peu plus faible qu'il ne devrait l'être ; c'est tout. »
Estelle se retourne pour s'occuper du poisson ; moment auquel Nadine atteste profondément…
« Ben… son cerveau est peut-être un peu faible… mais elle a sûrement un grand cœur. »
Estelle commence à se réjouir silencieusement dans son esprit. Enfin ; quelqu'un qui voit au-delà des imperfections extérieures de sa petite-fille et reconnaît ses vraies forces intérieures… sa gentillesse… sa bonté… son cœur. Cette fille incroyable qui se tient là, dans sa cuisine en ce moment, apprécie honnêtement sa petite-fille pour ce qu'elle est vraiment… une personne spéciale et merveilleuse. Elle a instantanément les larmes aux yeux alors qu'elle sourit et se tourne vers Nadine.
« Oui… oui, c'est vrai. Merci, Nadine… merci de l'avoir remarqué. »
Adèle revient ; et Estelle se retourne pour s'occuper du poisson.
« Grand-mère ; Nadine peut-elle rester pour le dîner ? »
Sans se retourner, Estelle répond, « Je ne sais pas, Suga'bear… pourquoi ne lui demandes-tu pas ? »
Adèle se tourne rapidement vers Nadine. « Nadine ; tu veux rester pour le dîner ? »
« Oh, je ne peux pas… ma mère m'attend dans la voiture. » Nadine prend une profonde inspiration délibérée cette fois pour savourer l'arôme. « Ça sent vraiment bon, cependant. Peut-être une autre fois ? »
Estelle la regarde et sourit affectueusement. « Nadine… tu es la bienvenue au dîner quand tu veux. »
Reconnaissante de l'invitation ouverte, et anticipant grandement le jour où elle goûtera la nourriture qui produit ce parfum alléchant, Nadine sourit à Estelle.
« Merci. » Elle se tourne vers Adèle. « Je ferais mieux d'y aller maintenant… mais on se verra à l'école demain, d'accord ? »
Avec un sourire joyeux qui s'étend sur son visage, Adèle répond avec enthousiasme, « D'accord. »
« Au revoir, Mme Wilson. »
« Au revoir, Nadine. Ne sois pas une inconnue maintenant. »
« Je ne le serai pas. Au revoir, Adèle. »
« Au revoir, Nadine. »
Après que Nadine ait quitté la cuisine, Adèle reste là un instant en souriant avec exubérance ; puis court derrière Estelle, jette ses bras autour de la taille de sa grand-mère et lui fait un câlin serré. Estelle est agréablement prise au dépourvu.
« Oh là… et c'est pour quoi, Suga'bear ? »
Adèle lui dit avec ardeur, « Je suis si heureuse, Grand-mère. »
« Ben, je peux le voir… et le sentir aussi. Détends-toi un peu là, sur ta vieille grand-mère, ma fille. »
Adèle lâche prise, et Estelle se retourne en ajustant son tablier maintenant froissé ; gracieuseté du câlin de célébration de sa petite-fille.