Chapitre 69
David fait malheureusement sa valise pour un voyage d'affaires inévitable. Il ne veut pas être loin de chez lui en ce moment, mais il n'a pas le choix. L'entreprise ne permettra pas son absence à ça, du moins pas sans avoir à faire face à de graves conséquences... ce qui serait très probablement sa mise à pied. Et David ne peut pas se permettre d'être viré dans les circonstances actuelles. C'était une acquisition de deux ans en préparation, principalement supervisée par David. Le conseil d'administration, bien que compatissant avec la situation de sa famille, refuse simplement d'envoyer quelqu'un d'autre que lui pour conclure l'accord. David n'a pas d'autre choix que d'y aller, et il s'en veut terriblement.
Nadine regarde de l'embrasure de la porte pendant un moment, souriant alors qu'elle se souvient de la supervision de son dernier voyage d'affaires avant d'entrer.
Elle parle toujours doucement maintenant, et rauque parfois. "As-tu pensé à mettre ta cravate bleue ?"
Il se retourne et sourit. "Ouais, je m'en suis souvenu cette fois. Merci."
"De rien."
Il reprend son emballage, tout en lui disant : "J'aimerais ne pas avoir à faire ce voyage d'affaires... c'est juste... eh bien... j'ai pris beaucoup de congés récemment, et mon patron a dit..."
"Papa... ça va. Vraiment... je comprends tout à fait."
"Ouais, eh bien, ça ne fera qu'une semaine et demie... deux au maximum. Je serai de retour avant que tu ne t'en rendes compte. Ensuite, peut-être, si tu te sens d'attaque, on pourra tous sortir quelque part... où tu voudras aller. Ça te dit ?"
"Génial."
"Ok... alors réfléchis-y et fais-moi savoir où tu veux aller quand je reviendrai. Marché conclu ?"
"Marché conclu."
"Bien."
Alors qu'il continue à faire ses valises, Nadine regarde, les larmes commençant à se former dans ses yeux. Elle commence à réfléchir à tout ce que David a fait pour elle au fil des ans, tous les sacrifices qu'il a faits et la façon dont il a toujours été là pour elle, quoi qu'il arrive. Elle pense à quel père merveilleux il a été pour elle, et à quel point elle s'est toujours sentie aimée par lui. Et bien que la plupart de ses copines se soient un peu éloignées de leurs pères, surtout après avoir atteint leur adolescence, elle a toujours ressenti un lien étroit avec lui. Nadine se sent vraiment bénie de l'avoir eu comme père.
Alors qu'elle commence à s'essuyer les yeux, Nadine l'appelle doucement : "Papa ?"
Cela fait des années que David n'a pas entendu Nadine l'appeler 'Papa'. Il est instantanément submergé par cela, prenant un bref instant pour se reprendre avant de se tourner lentement pour la regarder.
"Oui... Nadine ?"
"Je voulais juste..." Elle doit faire une brève pause avant de pouvoir continuer. "Je voulais juste dire... merci."
"De rien. Mais vraiment, ce n'est pas un problème de t'emmener où..."
"Non... pas ça."
"Alors... merci pour quoi ?"
Nadine prend un moment pour le regarder tendrement avant de confesser dévotement : "Merci... pour tout."
Profondément touché par cela, David se retrouve sans voix. Au début, ils restent là, se fixant amoureusement dans les yeux, puis s'approchent lentement l'un de l'autre, ouvrant leurs bras tout en se préparant à s'embrasser.
Il n'a pas serré Nadine dans ses bras depuis quelques mois, depuis que son corps a commencé à s'atrophier à cause des ravages de la leucémie. David a sincèrement peur de blesser Nadine d'une manière ou d'une autre, alors qu'elle est dans un état aussi évidemment fragile, et ne veut pas lui causer plus de douleur physique que celle dont elle souffre déjà. Il est un peu méfiant, mais pas assez pour l'empêcher de la prendre dans ses bras maintenant.
Sa réaction immédiate est similaire à celle de la première fois qu'il a tenu Corrine. Jusque-là, David n'avait jamais tenu de nourrisson. Et même s'il était impatient de la tenir, il craignait également de blesser par inadvertance un être aussi délicat. Il s'est donc assuré de faire un effort conscient pour la manipuler aussi doucement que possible, ce qu'il a maintenant envie de faire avec Nadine. Mais au moment même où il la prend dans ses bras... comme ces deux autres moments où il a tenu ses filles dans ses bras pour la première fois... toutes ses peurs s'estompent instantanément, et tout ce qu'il ressent, c'est une inondation d'amour grandissant pour sa précieuse 'bébé'.