Chapitre 31
Un peu surprise de découvrir ça à propos de sa fille, Cheryl demande : « Tu as lu « Jane Eyre », Corrine ? »
Corrine répond sur la défensive : « Oui. Qu'est-ce qu'il y a de choquant là-dedans ? Oh…tu ne pensais probablement pas que je lisais de la littérature classique, c'est ça ? »
Cheryl prend une gorgée de chocolat chaud, puis sourit à Corrine et plaisante : « En fait…je ne pensais même pas que tu lisais. »
Au début, Corrine semble énervée par la remarque enjouée de Cheryl, mais quand elle voit sa maman lui sourire chaleureusement…pour la première fois depuis son retour, ayant l'air douce et même un peu fière d'elle…Corrine se calme instantanément et lui rend son sourire. Mère et fille prennent simultanément une gorgée de leur chocolat chaud, se regardant tendrement dans les yeux par-dessus les rebords des tasses.
Nadine voit ça et sourit avec contentement, puis se retourne vers Adèle. « J'espère que tu aimes ça. »
Adèle pose le livre sur ses genoux, se penche et serre Nadine dans ses bras. « J'adore ça. Merci beaucoup. »
Elles lâchent leur étreinte, puis Adèle hésite, plonge la main dans sa poche et sort un petit paquet humblement emballé. Elle le regarde un instant, soupire, puis le tend lentement à Nadine.
Se sentant maintenant honteuse de la pauvre présentation de l'emballage de son cadeau, Adèle s'excuse auprès d'elle : « Désolée, Nadine…ce n'est pas emballé aussi joliment que le tien. Je l'ai emballé moi-même…du mieux que j'ai pu. »
Nadine pose doucement sa main sur l'épaule d'Adèle et la regarde affectueusement dans les yeux. « Tu as fait un travail merveilleux en l'emballant, Adèle…c'est parfait. »
Adèle sourit en baissant la tête. « Merci. »
Nadine ouvre le dessus du paquet, plonge la main et sort un médaillon en argent magistralement forgé, attaché à un collier tout aussi impressionnant. Immédiatement, tous les Martin s'approchent et regardent avec émerveillement cette pièce magnifique. Nadine elle-même semble presque hypnotisée par cela, la bouche légèrement ouverte et les yeux intensément fixés sur le médaillon.
Personne n'a encore prononcé un mot et Adèle commence à s'inquiéter. « Tu aimes ça ? »
Nadine, toujours bouleversée par la réception d'un cadeau aussi élaboré, force une réponse. « Adèle…c'est…c'est…incroyable. »
Corrine évalue visuellement la pièce et remarque : « On dirait une antiquité. »
Estelle affirme : « Ça l'est. Ça, là, a été donné à l'arrière-arrière-grand-mère de ma grand-mère, Ellie May Duprewitt, par le propriétaire de la plantation lui-même quand il l'a libérée. Je crois que tu peux appeler ça son cadeau d'adieu après plus de quarante ans de servitude. Puis, quand elle est décédée, elle l'a donné à sa fille aînée…et puis de celle-ci à sa fille aînée, et ainsi de suite, jusqu'à ce que…la maman d'Adèle le lui laisse quand elle est décédée. »
Nadine est abasourdie en entendant son histoire. « Oh mon Dieu, Adèle…je ne peux pas accepter ça. Tiens. »
Nadine essaie de rendre le collier, mais Adèle refuse de le prendre. Adèle est bouleversée.
« Mais pourquoi ? Tu n'aimes pas ça, Nadine ? » Elle commence à pleurer doucement.
Nadine prend immédiatement la main d'Adèle et l'assure : « Bien sûr que j'aime ça, Adèle…j'adore ça. Mais je ne peux pas l'accepter. »
Nadine regarde Cheryl en la suppliant de l'aider. À son tour, Cheryl se tourne vers la grand-mère d'Adèle pour son aide…
« Estelle…tu ne peux pas laisser Adèle donner ce collier…c'est un héritage familial. »
« Oui…oui, c'est vrai. Et il appartient à Adèle…et elle peut en faire ce qu'elle juge bon. »
Nadine essaie à nouveau de le redonner à Adèle. « S'il te plaît…Adèle…prends-le. »
« Non. Il est à toi maintenant. Je te l'ai donné…et je ne le reprendrai pas. »
Des larmes commencent à se former dans les yeux de Nadine alors qu'elle regarde avec amour le médaillon, puis elle se retourne vers Adèle et hoche la tête. « D'accord. Mais pourquoi ? »
Adèle prend la main dans laquelle Nadine tient le médaillon. « Ce collier est censé porter bonheur à son propriétaire. Il s'occupe un peu d'eux. C'est ce que dit ma Grand-mère… » Elle se tourne vers Estelle. « N'est-ce pas, Grand-mère ? »
Estelle hoche la tête. « C'est vrai, Suga'bear. »
Adèle se retourne vers Nadine. « Maintenant, il peut s'occuper de toi. Il va t'aider à aller mieux. »
Cheryl s'étouffe immédiatement et sort en courant de la pièce. David se lève et la suit. Corrine suit le mouvement.