Chapitre 50
M. Trudeaux rassemble toute sa retenue pour masquer toute admiration visible pour son nouveau look, tout en faisant semblant d'être dans les nuages. « Qu'est-ce que je pense de quoi, Adèle ? »
Adèle est un peu déconcertée, et commence à se sentir un peu blessée, alors qu'elle le regarde avec perplexité tout en parlant doucement, « Mon… mon relooking. Missy… Corrine… la sœur de Nadine, Corrine… son amie Missy l'a fait l'autre soir. Tu ne me trouves pas jolie maintenant ? »
Réalisant que sa façade inoffensive prévue causait une certaine détresse apparente à Adèle, il met immédiatement fin à la mascarade et révèle sa véritable appréciation de son relooking. M. Trudeaux sourit, se lève et s'approche d'Adèle ; posant ses mains sur ses épaules.
« Est-ce que je pense que tu es jolie maintenant ? Mlle Wilson ; tu as toujours été une belle jeune femme. » Il fait une pause, alors qu'une Adèle rougissante regarde le sol, puis remonte ; avec un sourire timide qui commence à apparaître sur son visage. « Mais maintenant, Mlle Wilson… tu es vraiment magnifique. »
Il retire ses mains de ses épaules et retourne à son bureau ; tandis que le sourire d'Adèle s'élargit de façon exponentielle.
« Merci, M. Trudeaux. » Elle se tourne vers Nadine. « Je veux aller montrer à Mme Newman maintenant. Tu viens, Nadine ? »
« Ouais… dans une minute. J'ai juste besoin de parler à M. Trudeaux de quelque chose vite fait. Je te rejoins là-bas ; d'accord ? »
« D'accord. » Elle se tourne vers M. Trudeaux. « Au revoir, M. Trudeaux. »
« Au revoir, Adèle. »
Adèle s'en va ; et il reprend la correction des copies. Nadine l'observe silencieusement pendant un bref instant avant de prendre la parole.
« M. Trudeaux ; puis-je vous demander quelque chose ? »
Sans lever les yeux des copies, il répond : « Bien sûr ; qu'est-ce qui te préoccupe, Mlle Martin ? »
« Je me demandais juste… saviez-vous ? »
Il la regarde. « Je savais quoi ? »
« Adèle et moi… quand vous nous avez jumelées… l'avez-vous fait parce que vous saviez que nous deviendrions vraiment amies ? »
M. Trudeaux croise les bras sur sa poitrine, se penche en arrière et explique : « Je savais… que parmi tous les élèves ici à Roosevelt High… toi, Mlle Martin, serais la seule capable de percevoir Mlle Wilson comme l'individu vraiment spécial qu'elle est. »
« Elle l'est… elle est merveilleuse. C'est une super amie. La meilleure amie que j'aie jamais eue. Merci de nous avoir réunies, M. Trudeaux. » Elle marque une pause momentanée avant d'ajouter sombrement : « J'aurais juste souhaité qu'on se rencontre plus tôt… pour qu'on ait plus de temps ensemble avant que je… »
Nadine devient solennellement silencieuse.
Sans tenir compte du risque de sembler peut-être insensible à sa situation… ce qui n'est certainement pas le cas… M. Trudeaux se sent obligé de lui dire : « Mlle Martin ; pardonnez-moi si ce que je vais dire semble plutôt froid… croyez-moi, ce n'est pas mon intention… mais le temps n'est pas un luxe que vous avez. Je sais que vous le réalisez ; vous l'avez admis vous-même… quand vous avez dit à Principal Davis de considérer votre requête comme venant d'une fille mourante. »
Il attend une reconnaissance de sa part. Elle hoche la tête ; puis il continue…
« Ne gaspillez pas les précieux moments qu'il vous reste en vous lamentant sur vos regrets. Profitez de votre amitié maintenant avec Adèle. Chérissez-la… réjouissez-vous de chaque seconde que vous passez avec elle, Nadine. » Il lui prend la main d'une manière réconfortante. « Comme ils le proclamaient autrefois à l'époque de Jules César… « Carpe diem »… saisissez le jour. Saisissez-les tant que vous le pouvez encore, Mlle Martin. »
Nadine ne trouve rien de froid dans ce qu'il a dit ; mais au contraire, elle est profondément touchée par ses conseils sincères et attentionnés. Elle serre M. Trudeaux dans ses bras avec reconnaissance.
Au début, il ne sait pas trop comment réagir et reste immobile ; regardant sa tête ornée d'un foulard. Mais après quelques secondes à rester là, sentant son corps diminutivement fragile affectueusement pressé contre lui alors que deux bras manifestement osseux s'enroulent tendrement autour de sa taille en l'étreignant, une boule commence à se former dans sa gorge ; et il commence à se demander dans son esprit : « Pourquoi, Dieu… pourquoi emmener les bons si tôt ? » Puis il bouge lentement ses bras autour d'elle pour lui faire un câlin ; utilisant l'une de ses mains pour lui tapoter doucement le dos.
« Dispatch à toutes les unités… viens de recevoir un appel concernant une possible abduction d'enfant au centre commercial de Kirkwood. Toutes les unités disponibles dans la zone se rendent immédiatement au centre commercial… Code 2. »
Nadine a encore été malade chez elle la semaine dernière ; donc, comme d'habitude, Adèle est en route pour lui tenir compagnie.
Adèle doit toujours descendre Grove Drive en allant chez les Martin. Elle ne peut pas manquer l'occasion de passer devant la résidence O'Reilly. Adèle ne connaît pas personnellement les O'Reilly, mais elle est très attachée au plus grand atout de leur cour ; le plus vieil arbre de la ville. Il est massif, tant en largeur qu'en hauteur ; majestueusement dressé devant leur maison. Et bien qu'elle soit plus impressionnée par sa vue pendant la saison d'automne, lorsque ses feuilles prennent un éventail brillant de différentes nuances de bruns, d'oranges et de rouges, Adèle apprécie sa magnifique présence chaque fois qu'elle s'imprègne de sa grande vue.