Chapitre 5
Pour être sûre que Mlle Krinsky ne comprenne pas de travers pourquoi elle est là, Adèle prend les devants pour clarifier rapidement, "Je ne suis pas ennuis, Mlle Krinsky; je vais aider M. Trudeaux… n'est-ce pas, M. Trudeaux ?"
"C'est ça." Il fait un geste vers le banc contre le mur en face du comptoir de la réception. "Adèle, pourquoi tu ne t'assois pas pendant que je parle au Principal Davis ?"
"D'accord."
"Agathe, pourrais-tu, s'il te plaît, voir si le Principal Davis a un moment ?"
Pendant que Mlle Krinsky appelle Principal Davis, Adèle regarde nerveusement autour de la pièce. Elle ne peut s'empêcher de ressentir une petite appréhension. Bien que M. Trudeaux lui ait déjà assuré plusieurs fois qu'elle n'était pas ennuis, ils étaient toujours au bureau pour voir le principal.
Quand Principal Davis sort ; il sort de derrière le comptoir pour parler à M. Trudeaux. "Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Horace ?"
"Ah, oui; Michael… après avoir eu l'occasion d'étudier l'emploi du temps d'Adèle Wilson ; j'ai découvert qu'elle a encore Mathématiques de Base en première heure ?"
"Oui… je suppose; si c'est ce que son emploi du temps dit qu'elle a. Pourquoi ?"
"Eh bien, vous voyez, Michael ; j'ai un projet en tête pour ma classe de seconde cette année… un qui exige qu'ils soient par groupes de deux. J'ai actuellement quinze élèves dans ma classe de première heure ; et comme elle a déjà réussi le cours de Mathématiques de Base deux fois auparavant… avec votre permission, bien sûr… j'aimerais que Mlle Wilson soit affectée à ma classe pour…"
Principal Davis remarque maintenant Adèle sur le banc, assise tranquillement ; comme un enfant nerveux faisant un effort consciencieux pour être à son meilleur comportement.
"Attendez une minute. Vous voulez… Adèle Wilson… dans votre cours de Sociologie ?"
"Oui."
"Allons, Horace ; vous ne pouvez pas être sérieux."
"Oh, mais je suis tout à fait sérieux."
"Adèle Wilson ? Horace ; la fille ne sait probablement même pas ce qu'est la sociologie, et encore moins…"
Adèle murmure doucement, "L'étude des gens."
Les deux regardent immédiatement Adèle. M. Trudeaux demande…
"Je suis désolé ; avez-vous dit quelque chose, Mlle Wilson ?"
Fixant le sol, elle répond doucement, "Sociologie… c'est l'étude des gens."
Une réponse brillante… le génie dans la simplicité. Un sourire victorieux s'étend sur le visage de M. Trudeaux.
"C'est exact, Adèle ; très bien." Il se tourne vers Principal Davis. "Vous voyez ; elle sait ce qu'est la sociologie."
"Bien… peu importe. Vous êtes sûr de vouloir Adèle dans votre classe ?"
"J'en suis sûr."
"Et Adèle est d'accord avec ça ?"
"Eh bien, demandons-lui ; n'est-ce pas." Il se tourne vers elle. "Adèle ; comment aimerais-tu être dans mon cours de sociologie ?"
Elle lève instantanément les yeux vers M. Trudeaux, totalement stupéfaite. Adèle est momentanément sans voix ; apparaissant comme si elle était soudainement pétrifiée, figée avec sa bouche grande ouverte. M. Trudeaux enseignait à de vrais élèves ; et elle ne s'est jamais considérée comme une vraie élève au lycée. Elle n'aurait pas pu l'être… pas avec les ‘cours' dans lesquels elle a toujours été mise toutes ces années.
Totale et complètement déconcertée, mais au moins maintenant capable de parler, "Vous voulez dire… comme un vrai cours ?"
M. Trudeaux sourit. "Oui ; un vrai cours."
"Je… je n'ai jamais eu un vrai cours ici avant."
"Eh bien ; aimeriez-vous en avoir un, Adèle ?"
Elle regarde le sol et se mord doucement la lèvre inférieure ; puis relève les yeux vers M. Trudeaux et répond doucement, "Oui."
M. Trudeaux frappe vivement ses mains ensemble, les gardant jointes alors qu'il se tourne vers Principal Davis. "Bien. Alors c'est réglé."
Principal Davis concède dubitativement, "Bien." Il se tourne vers Mlle Krinsky, "Mlle Krinsky ; assurez-vous de faire une annotation dans le dossier d'Adèle qu'elle a Sociologie en première heure…" puis se tourne vers M. Trudeaux, "Autre chose ?"
"Non ; merci, Michael."
"Très bien alors… bonne chance, Horace."
Principal Davis retourne à son bureau ; tandis que M. Trudeaux commence à partir. À la porte, il se retourne et appelle Adèle…
"Venez, Mlle Wilson ; nous avons un cours à suivre." Il sort.
Pas sûre si ce qui s'est passé se produisait vraiment, Adèle se lève progressivement du banc et se dirige d'un pas hésitant vers le comptoir.
"Je dois y aller maintenant, Mlle Krinsky…" elle sourit fièrement, "J'ai un vrai cours maintenant."
Mlle Krinsky donne à Adèle un sourire gentil et aimable. "Oui, j'ai entendu. Félicitations, ma chérie ; je suis sûre que vous allez faire des merveilles."
Adèle s'en va triomphalement ; marchant comme si elle marchait sur de l'air.